Comment calculer la loi Malraux ?

La réduction d’impôt Malraux se calcule en appliquant un taux (22 % ou 30 %) au montant des travaux de restauration effectivement payés pendant l’année, dans la limite d’un plafond global de 400 000 euros répartis sur quatre années consécutives. Ce mécanisme repose sur trois variables qu’il faut maîtriser avant de lancer un investissement : la base de calcul, le taux applicable et la fenêtre temporelle d’éligibilité des dépenses.

Base de calcul Malraux : quelles dépenses de travaux retenir

Le premier réflexe à corriger concerne l’assiette. La réduction Malraux ne porte pas sur le prix d’acquisition du bien, ni sur le montant total affiché dans la plaquette commerciale d’un programme. Seules les dépenses de travaux effectivement payées comptent.

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La base est retenue TTC, diminuée des éventuelles aides ou subventions perçues en lien avec les travaux. Une subvention de l’Architecte des Bâtiments de France ou d’une collectivité locale vient donc réduire l’assiette de calcul, euro pour euro.

Le fait générateur est la date de paiement à l’entreprise qui réalise les travaux, pas la date de facturation ni la date de signature du devis. En pratique, un appel de fonds réglé en décembre 2026 génère une réduction imputable sur les revenus 2026, même si le chantier se poursuit l’année suivante.

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  • Travaux éligibles : restauration complète de l’immeuble, travaux déclarés d’utilité publique, dépenses imposées par le permis de construire sur un immeuble situé en secteur protégé.
  • Dépenses exclues : prix du foncier, frais de notaire, mobilier, aménagements intérieurs non liés à la restauration patrimoniale.
  • Réduction de la base : toute subvention publique liée aux travaux doit être déduite du montant pris en compte.

Investisseuse immobilière devant un immeuble historique éligible à la défiscalisation Malraux

Taux de réduction Malraux : 22 % ou 30 % selon la localisation

Le taux dépend du zonage patrimonial de l’immeuble, pas du profil de l’investisseur ni du montant engagé.

Le taux de 30 % s’applique aux Sites Patrimoniaux Remarquables couverts par un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) approuvé. Le taux de 22 % concerne les Sites Patrimoniaux Remarquables couverts par un Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (PVAP) ou dont la restauration a été déclarée d’utilité publique.

Un point technique souvent négligé : le taux de 30 % peut dépendre de la date à laquelle le PSMV est officiellement approuvé par arrêté. À Toulouse, par exemple, le PSMV a été approuvé par arrêté en 2025. Les dépenses de travaux payées avant la publication de cet arrêté ne bénéficient pas rétroactivement du taux de 30 %. Le calendrier administratif de la commune conditionne donc directement le rendement fiscal de l’opération.

Application concrète du taux

Sur un programme situé en PSMV approuvé, un investisseur qui paie 100 000 euros de travaux éligibles sur une année obtient une réduction d’impôt de 30 000 euros (100 000 x 30 %). Sur un programme en PVAP, la même dépense génère 22 000 euros de réduction.

La différence de huit points entre les deux taux rend le choix de la localisation déterminant. Vérifier le type de plan applicable et sa date d’approbation fait partie des prérequis avant tout engagement financier.

Plafond de 400 000 euros et fenêtre temporelle du calcul Malraux

Le plafond de dépenses éligibles est fixé à 400 000 euros, répartis sur quatre années consécutives à compter de la délivrance du permis de construire (ou de la déclaration préalable). Ce plafond ne se renouvelle pas d’une opération à l’autre sur la même période.

Pour les permis déposés depuis le 1er janvier 2017, les dépenses doivent être réalisées dans la période allant de la date du permis jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivante. Un permis délivré en mars 2024 ouvre une fenêtre qui se ferme au 31 décembre 2027.

Report de la réduction non utilisée

Si la réduction d’impôt dépasse l’impôt dû une année donnée, la fraction non imputée peut être reportée sur les trois années suivantes. Ce report évite de perdre le bénéfice fiscal en cas de pic de dépenses sur un exercice. Chaque fraction reportée conserve sa propre durée de validité de trois ans.

Un permis modificatif ou un transfert de permis ne repousse pas la fenêtre d’éligibilité. Les quatre ans courent à partir du permis initial, sans possibilité d’extension.

Exemple de calcul de la réduction d’impôt Malraux

Prenons un immeuble situé dans un Site Patrimonial Remarquable couvert par un PSMV approuvé (taux de 30 %). L’investisseur règle les travaux éligibles selon le calendrier suivant :

Année Travaux payés Réduction (30 %)
Année 1 120 000 euros 36 000 euros
Année 2 150 000 euros 45 000 euros
Année 3 100 000 euros 30 000 euros
Année 4 30 000 euros 9 000 euros
Total 400 000 euros 120 000 euros

La réduction totale atteint 120 000 euros sur quatre ans, soit le maximum possible avec le taux de 30 %. Si l’impôt dû en année 2 ne dépasse pas 45 000 euros, le solde est reportable sur les trois exercices suivants.

Avec un taux de 22 % (PVAP), le même montant de travaux produirait une réduction totale de 88 000 euros, soit 32 000 euros de moins.

Notaire calculant les avantages fiscaux de la loi Malraux sur des documents financiers immobiliers

Erreurs fréquentes dans le calcul de la loi Malraux

La première erreur consiste à intégrer le prix d’achat dans l’assiette de calcul. Le foncier n’entre jamais dans la base de la réduction Malraux. Seuls les travaux de restauration comptent.

La deuxième porte sur le calendrier. Signer un programme en année N ne garantit pas que les appels de fonds tomberont la même année. Un décalage de chantier peut repousser les paiements hors de la fenêtre d’éligibilité, réduisant ou annulant le bénéfice fiscal attendu.

La troisième concerne la confusion entre les taux. Certains programmes commerciaux affichent le taux de 30 % alors que le PSMV de la commune n’est pas encore approuvé. Tant que l’arrêté n’est pas publié, le taux applicable reste celui du PVAP ou du régime antérieur.

Le calcul de la loi Malraux repose sur des règles précises mais stables. La variable la plus sous-estimée reste le calendrier : date d’approbation du PSMV, date de délivrance du permis, date effective de paiement des travaux. Trois dates qui déterminent à la fois le taux, la fenêtre et le montant réel de la réduction obtenue.

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